Démocratie, vous dites !
«La parfaite valeur est de faire sans témoin ce qu’on serait capable de faire devant tout le monde.»
Démocratie (du grec dêmokratia, dêmos, « peuple » ; kratein, « gouverner »), système politique dans lequel la souveraineté procède de l’ensemble des citoyens. La démocratie, dont le principe fondateur « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » se retrouve par exemple dans
A y regarder de près, la vie politique algérienne, telle qu’elle est perçue de manière contradictoire par les médias publics et la presse privée, tourne sur les même hommes, les femmes en moins, les mêmes appareils vieillis avec comme liant fondamental un conservatisme en acier trempé. Tous les mécanismes du parti unique sont reproduits et adaptés selon la technique du kit à une foule de partis, d’organisations et d’associations qui prennent dans leurs rets même les équipes sportives transformées en mini-partis ou en comités de soutien. Les îlots d’opposition, à peine tolérés et exclus, comme sous le parti unique, des médias financés par l’ensemble des salariés algériens, essayent vaille que vaille de maintenir en vie juste l’idée basique que tous les citoyens ne pensent pas tous la même chose et qu’ils ne sont pas obligés selon
Pour les médias publics, dans le mépris absolu du cahier des charges, de
Charles Taylor disait que «la démocratie est une politique de la reconnaissance de l’autre». Le déni et l’arbitraire font l’énorme différence entre les nations qui entretiennent leur démocratie en lui donnant régulièrement les vitamines nécessaires à son développement et les pays dirigés par des régimes, des castes, des familles ou des clans autoritaires, fermés à la critique, où les médias infantilisent par l’exercice de la désinformation, de la propagande et/ou du culte de la personnalité.
Tous ceux qui ont une once d’autorité conférée par la cooptation ou la nomination maîtrisent et comprennent le cantique des cantiques, les subtilités de la théologie sans oser mettre à disposition des cours d’éducation sexuelle dès le plus jeune âge avant que des adolescents n’apprennent la perversité à la rue, à la télé ou sur un site internet. Ils discutent devant les universitaires sur les mérites comparés de la prévention, des bienfaits de tel médicament sans jamais oser planifier des campagnes toute l’année sur le sida et la nécessité absolue de mettre à la disposition des populations des préservatifs en quantité, en expliquant, dès le bas âge, dans toutes les concentrations d’Algériens la protection fournie par le préservatif, des médias lourds au associations. C’est ce qui se fait dans une démocratie soucieuse de la santé publique et du coût en vies humaines et au plan financier causé par le sida et d’autres MST, sans citer la perversité des mœurs. La mise à disposition de moyens de prévention de maladies transmissibles n’est pas un appel au libertinage, surtout si elle est accompagner de cours sur l’éducation sexuelle sous les préceptes de l’islam, vue que la constitution algérienne l’a place en religion d’état. Mais aussi, encourager le mariage et le faciliter par des crédits longs termes par exemple. Le bien-être du citoyen ne se limite pas à ne pas avoir soif ou faim.
En Algérie, il y aurait tellement d’études à faire sur l’acharnement systématique, la roublardise, l’art de courtiser les hiérarchies, l’une après l’autre, sur toutes les ruses élaborées pour disqualifier la politique, les élus et les hommes politiques, les opposants, les têtes qui osent dépasser pour ramener toutes et tous, comme du bétail, vers l’unique mangeoire, vers des alliances consanguines, les ghettos qui formatent jusqu’à la manière de prendre une boisson, d’aller à un enterrement surtout s’il y a des caméras et d’apprendre le sourire et le geste obséquieux qui doivent accompagner le toujours «oui m’siou», comme au temps de l’indigénat.
L’organisation de la vie sociale est tellement régentée par les rituels officiels qu’aucune expérience n’est capitalisée pour avancer avec des solutions. Avec la décennie rouge qui a vu les rangs de la pensée, de la création, de la science se faire décimer, à défaut exiler, suite à un abject coup d’état et l’annulation des élections de décembre 1991 et tous ce qui a suivi comme drames, l’âge et la maladie font le reste. A chaque fois qu’un grand artiste, un créateur qui a fait rire ou rêver des générations décède, c’est la curée. Tous les officiels rivalisent de communiqués qui ne leur coûtent rien dans la presse, pour dire tout le talent et les mérites du défunt. Et que devient sa famille, une fois les caméras rentrées ?
Lorsqu’un grand nom de la culture est gravement malade et que la presse privée attire l’attention, un ministre ou le chef de l’Etat en personne interviennent pour un transfert à l’étranger, alors que l’Algérie dispose d’un réservoir énormes en médecins en grande partie exilés suite au mépris de leurs talents et pour s’épanouir professionnellement et surtout scientifiquement ; les autres médecins crèvent ici à petit feu dans l’indifférence totale. Certes, de tels gestes humanistes, généreux ne coûtent rien à n’importe quel responsable, la sécurité sociale se débrouille. Cependant la solution définitive, rationnelle existe de par le monde. Les ministères concernés en Algérie par les conditions de travail des artistes qui sont par définition des intermittents n’ont qu’à analyser les expériences d’autres pays. Par la suite, il leur suffit d’élaborer non pas un statut, car les artistes ne sont pas des fonctionnaires et ne cotisent pas comme ces derniers, mais inventer les mécanismes de financement d’une caisse spécifique. A celle-ci les artistes au moment où ils touchent de l’argent cotisent bien sûr avec des compléments à rechercher. Et c’est cette caisse de sécurité sociale spéciale qui évitera la perte de dignité, une publicité morbide, la perte de temps, etc.
Mais pour ça, entre autres, il faut une démocratie vigoureuse dans laquelle personne n’aura à écrire au Président pour un terrain détourné, une maladie, un logement ou une fuite de gaz. Une démocratie qui a des idées, surtout si l’argent et les compétences ne font pas défaut. Mais tu peux chanter canari sur les terres des corbeaux.
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