De Gladio aux vols secrets de
Du Gladio aux vols secrets de
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Cependant, il ne tarda pas à dépasser sa mission originelle pour prévenir toute influence communiste dans les démocraties occidentales. Il se spécialisa alors dans le trucage des élections, l’assassinat politique et les attentats [2]. Cela s’est notamment produit en Italie, où deux de ces exactions ont particulièrement marqué les esprits : l’assassinat du Premier ministre Aldo Moro en mai 1978, ainsi que l’attentat de la gare de Bologne en mai 1980 [3], dans les deux cas, attribués aux Brigades rouges. Loin de s’arrêter aux frontières italiennes, l’action du stay-behind s’est étendue à tous les États membres de l’OTAN, y compris
Officiellement dissous depuis l’effondrement de l’Union soviétique, le réseau stay behind, dont l’existence n’a été révélée sous le nom de « Gladio » qu’en 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti [5], continue aujourd’hui son activité et l’étend à de nouveaux États au fur et à mesure de l’extension de l’OTAN.
Si certains pays, tels que l’Italie et
La « stratégie de la tension » se serait-elle mutée en « guerre contre le terrorisme » ? C’est en tout cas le point de vue que défend l’historien suisse Daniele Ganser, auteur de Les armées secrètes de l’OTAN et qui a enquêté à travers l’Europe entière pour remonter les filières du Gladio et constituer cet ouvrage unique sur le sujet [7]. Un spécialiste pour qui, la « guerre contre le terrorisme » est aujourd’hui un moyen similaire de manipulation des populations occidentales, en ce sens qu’elle désigne de nouveaux faux responsables d’actes terroristes "les musulmans", non plus pour contrer la « menace soviétique », mais pour justifier les guerres de ressources des Etats-Unis et leurs vassaux.
Ce point de vue, l’ancien colonel de l’armée de terre des États-Unis Oswald LeWinter, qui fut pendant plus d’une décennie le n°2 de
Continuant sa démonstration, le colonel LeWinter a affirmé avoir participé, au sein de
Le colonel LeWinter a affirmé avoir eu un dernier contact avec Oussama Ben Laden, en 2003 ; un épisode dont la presse portugaise s’était fait l’écho à l’époque. À ce titre beaucoup de choses sont attribuées à Oussama Ben Laden, présenté comme le diable en personne, or traqué en permanence, il n’a jamais eu la véritable occasion de se défendre, ce qui est d’un point de vue juridique une iniquité.
L’historien états-unien Webster G. Tarpley, qui participait en duplex depuis Washington à cette réunion, est revenu en détail sur l’assassinat du Premier ministre italien Aldo Moro. Un meurtre réalisé par les Brigades rouges, mais commandité à leur insu par l’OTAN, sous l’autorité directe d’Henry Kissinger. M. Tarpley, qui vivait à l’époque à Rome, avait été le premier à révéler les détails du complot atlantique, visant à empêcher la création d’un gouvernement d’union nationale incluant les communistes. Il a observé que les enquêtes ultérieures ont confirmé ses travaux, exceptés quant à la localisation d’une société secrète qu’il avait par erreur liée à l’Ordre de Malte alors qu’elle se trouvait au Grand Orient d’Italie (la fameuse loge Propaganda Due dite « P2 », découverte depuis) [11].
Roumiana Ougartchinska a rendu compte de l’enquête qu’elle poursuit depuis plus de dix ans sur la tentative d’assassinat de Jean-Paul II. La confrontation des éléments disponibles permet d’invalider définitivement la célèbre « piste bulgare », théorie selon laquelle l’attentat aurait été commanditée par l’URSS et exécuté par un turc travaillant pour les services bulgares [12]. Il reste qu’il a été établi qu’Ali Agça était le n°3 du stay-behind en Turquie et qu’il a bénéficié de nombreuses complicités en Europe occidentale. Un intense conflit opposait les États-Unis au Saint-Siège, préoccupé d’éviter que l’Europe centrale ne se transforme en champ de bataille entre les deux grandes puissances, à propos de l’Ostpolitik du cardinal Agostino Casaroli.
Pour l’Italien Giullieto Chiesa, parlementaire européen, philosophe et journaliste, la situation est aujourd’hui beaucoup plus grave qu’elle ne pouvait l’être durant
Le 5 octobre 2001, soit moins d’un mois après le 9/11, les États-Unis et le Royaume-Uni ont informé le Conseil atlantique de la réactivation du stay-behind contre « l’ennemi terroriste ». Ils ont exigé la collaboration des États membres en vertu de l’assistance mutuelle prévue par l’article 5 de
Le député polonais Mateusz Piskorski a souligné, quant à lui, que les enquêtes diligentées dans son pays n’ont pas permis d’en savoir plus à propos des prisons secrètes de
Pour conclure, Thierry Meyssan, le président du Réseau Voltaire qui animait cette séance de travail, a souligné que les agissements des services secrets de l’OTAN bafouaient les principes de la souveraineté nationale. Il a une nouvelle fois mis en garde contre l’évolution impériale des États-Unis et a affirmé que leur ingérence était le premier défi auxquels devaient faire face aujourd’hui les démocraties occidentales. D’autant que le choix délibéré des victimes "toutes musulmanes" visait à implanter en Europe le « clash des civilisations ». Enfin, en cette veille d’élection présidentielle française, il a rappelé que les accords transatlantiques autorisant l’usage des aéroports nationaux par les avions-prisons de
[1] « Stay-behind : les réseaux d’ingérence américains », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 août 2001.
[2] Le "Field Manual 30-31" de l’armée états-unienne, ainsi que ses appendices FM 30-
[3] « 1980 : carnage à Bologne, 85 morts », Réseau Voltaire, 12 mars 2004.
[4] Nato’s Secret Armies : Operation Gladio and Terrorism in Western Europe, par Daniele Ganser, Frank Cass Publishers, 2004. Édition française à paraître fin 2007 aux éditions Demi-Lune.
[5] « Rapport Andreotti sur l’Opération Gladio », 26 février 1991.
[6] Voir le documentaire Timewatch : Operation Gladio - Behind False Flag Terrorism, par Alan Francovich, BBC (1992). Disponible en trois parties sur Google Video.
[7] Voir aussi, « Le Terrorisme non-revendiqué de l’OTAN », interview de Daniele Ganser par Silvia Cattori, Réseau Voltaire, 29 décembre 2006.
[8] Desmantelar a America et Democracia e Secretismo par Oswald LeWinter, Publicaçoes Europa-Amarica (Lisbonne), 2001 et 2002.
[9] Mino Pecorelli a révélé en 1978 le fonctionnement de la loge P2. Il a été assassiné en
[10] Les imputations du colonel Oswald LeWinter contredisent à la fois les déclarations des membres d’Action directe et les travaux de la journaliste Dominique Lorentz, attribuant la manipulation d’Action directe à l’Iran.
[11] Chi ha ucciso Aldo Moro?, par Webster Tarpley, POE, 1978.
[12]
[13] « L’Euro Patriot Act », « L’Union européenne a autorisé par écrit les prisons secrètes de
[14] « La loi Ashcroft-Perben II », Réseau Voltaire, 18 février 2004.
[15] « Faut-il combattre la tyrannie avec les instruments des tyrans ? », par Dick Marty, Réseau Voltaire, 22 mars 2007.
[16] Le carceri segrete della CIA in Europa, par Giulietto Chiesa, Edizioni Piemme, 2007.
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